"Salon noir", exposition personnelle, Silicone espace d'art contemporain, Bordeaux
Textes de Chloé Bonnie More
Témoignage de la trace et exploration des temps.
Qu’est ce que cela signifie de représenter le contour animale lorsque l’on peut le reproduire______________________________________________________________
L'obscurité est un leurre
Lorsque Baco fait une sortie de route, c’est souvent qu’il y a un animal sur son chemin. Cette fois, il l’agrippe, il lui a sauté dessus, pourtant il ne le renversera pas. Instantanément il l’embrasse à plein corps. Étreinte puissante, c’est la violence les lie. Aveuglée, totalement effrayée, la bête hystérique laisse les traces de sa lutte. Brutalisée, elle a été pourchassée et traquée mais jamais abattue. Ces brutes, ces barbares, ont abîmé la bête, ils ont percé cette chair qui se vend si cher et pour laquelle ils se retrouvent dans ce cirque bestiaire. Ses bruits quand elle gémit, sont nouveaux pour ceux qui ont pu l’observer dans le passé. La furie rend le hurlement sourd alors que tous l’imaginaient strident.
Danser
Lorsque Ari apparaît, la douceur de ses traits ne se laissent pas troubler par la scène des miraculés. Les montagnes nous protègent, pense t-elle. Oui, Ari est ce qui permet au mythe et à la forme de danser ensemble. Témoin insatiable elle rappelle les minuties que Baco ne perçoit pas.
Survivre
Dans ses futures cicatrices, nul ne sait si la bête pourra réellement résister à sa chaire maculée.
La bête se meurt. Les poils s’offrent et s’accrochent à Baco,. Ils sont ce qui lui reste de plus vivant.
Éreintée, il faut la sacrifier.
Sacrifice
Dans ses bras la violence perd tout son sens. Les pattes autour de la nuque de Baco, la bête pleure. Les mains autour de son cou, Baco la libère. Elles serrent alors le peu qu’il reste de cette chaire. Les veines apparaissent peu à peu, la danse a commencée, le duo est formé, rien ne peut plus les arrêter.
L’équilibre
Ari comprend. Dans le salon noir, les enfants pénètrent de leurs yeux endormis qui ne questionnent rien mais rendent la scène bien réelle. Jusqu’alors trop plongés dans l’obscurité, la communauté leur a permis d’éclairer un pan de cette terrifiante cette interruption effrénée.
L’oeil
Abimée, la bête les a surpris de sa candeur abattue. L’odeur de la peur, ils s’en souviennent encore. Les poils sont restés entre ses doigts. La tête est devenue sacrée, ce n’était que le début d’une longue épopée. Rencontre au sommet, vous voici observant les feux ardents que la bête a un jour offert sans aucun repère.
L’effroi
Transparent, il coule le long de la matière et se fige là où Baco et Ari opèrent. Techniquement saisit, la vision ne nous échappe pas. Seule la bête a été sacrifiée, le reste sanctifié. Économie triviale, lorsque le geste est offert, il vide sans effort nécessaire.
Pas besoin de se laisser faire, la seule âme qui sert est celle qui nous éclaire.
L’obscurité est un leurre, dont seule la danse peut se défaire. Valse d’un autre temps, binaire, elle prolifère. Nécessité d’achever, Baco et Ari sont ici réunis et font office de lumière.
La bête est restée, seule la chaire a été transformée